Le livre d'une génération?

Cédric Hermann raconte un amour moderne au sortir de l'adolescence




Il y avait les souffrances du jeune Werther, de Goethe, ou Adolphe, de Benjamin Constant. Il y a désormais "en aller simple", de Cédric Hermann. Je ne prétends pas que Cédric Hermann est un nouveau Goethe ou Constant : le temps le dira. A mes yeux, son récit est cependant à notre siècle ce qu’étaient ses devanciers au leur : l’histoire emblématique d’un amour torturé à la sortie de l’adolescence, dans lequel une génération se reconnaît au plus profond.

La particularité de Cédric Hermann est d’avoir des protagonistes gays. En cela, son roman est atteint à plus d’humanité en mettant en scène un éventail plus large de sentiments, de situations et de caractères. Il exprime à la fois l’universalité des sentiments amoureux en les libérant de leur enveloppe charnelle traditionnelle et la normalité du désir qui y est lié, quelle que soit sa forme.

Le livre est écrit dans une langue pure ce qui le rend attachant et authentique. Aux subjonctifs d’un Benjamin Constant qui fait voyager Adolphe dans des villes jamais désignées et lui fait rencontrer des nobles jamais nommés, Cédric Hermann oppose (si j’ose dire) une narration claire, située dans le temps et l’espace sans que cela n’enlève rien à son caractère universel.


Cédric Hermann, "en aller simple", éditions Cœur de Lune, ISBN 978-2-9543774-5-2

Trame: *****

Langue: *****

Arôme: *****

Persistance: *****

Corps: *****



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